Ma Provence est littorale, un peu Côte d'Azur.
Mes parents avaient découvert la Provence au cours de leur voyage de noces en février 1939. Mon père était revenu avec des rêves de mimosas et d'orangers plein la tête. Il voulait vivre sous un ciel toujours bleu et un jour, c'est sûr, il s'installera en Provence...
Nous quittâmes notre banlieue parisienne au début du mois de juin 1948 pour prendre le train de nuit, le Paris-Méditerranée, qui nous amena 12 heures plus tard à destination.
De cette rencontre avec le midi, il me reste en mémoire la lumière, la chaleur et une excitation sans pareille. Il fallu faire plus d'un kilomètre à pied, sur une route toujours montante pour arriver à la maison. Le portail annonçait sur une plaque d'émail : "Villa Aimée 1902"
On devinait la maison au milieu d'une végétation exubérante : Une grosse villa de deux étages ornée d'un grand balcon de bois et d'une pergola.
Moi j'étais dehors sous les grands arbres, le nez en l'air, respirant à pleins poumons un air chargé d'odeurs inconnues. La lumière découpait crûment des feuillages exotiques sur un ciel bleu pur.
La vraie vie allait commencer et mon enfance serait méridionale.
Découverte.... Enfance curieuse
J'entre chez l'épicier. Devant la porte, le pot de géranium rosat, au parfum de rose et de menthe doit éloigner les mouches. Dehors, la lumière de juin est intense, l'air est très chaud et les cigales commencent leur hymne à l'été.
J'écarte le rideau de perles de buis qui tintinnabule à mon passage. Dedans il fait sombre et "ça sent" :
L'odeur forte vient de la moulinette à râper le parmesan fixée au comptoir, s'ajoute le relent juste un peu fétide du baril où les anchois en rangs serrés mollissent dans la saumure...
L'épicier plonge une louche en bois percée de trous dans le petit tonneau où les olives vertes flottent dans l'eau salée parfumée de fenouil et de criste marine.
Il la remonte doucement laissant gicler l'eau des trous de la louche : "Sers toi ! "
Dans la bouche, un petit goût délicieusement astringent,; l'olive cède sous la dent, juste un peu croquante.... J'avais 7 ans, je découvrais la provence avec curiosité.
Le goût de mon enfance ne sera pas sucré, mais composé des saveurs fortes et nouvelles : olives, pissaladière couverte d'oignons confits, poivrons écarlates, fougasse aux anchois et autres gourmandises.
lundi 20 février 2012
samedi 12 mars 2011
La Violette

nom latin : Viola odorata
Famille : VIOLACÉES
La violette odorante aussi nommée violette des quatre saisons ou violette de tous les mois, parce qu’elle donne ses fleurs durant presque toute l’année, ne fut d’abord qu’une simple plante des champs, vivant à l’ombre des buissons et recherchée pour sa bonne odeur. Transportée dans nos jardins, les amateurs la recueillirent, la cultivèrent et la multiplièrent avec soin.
C’ est une plante basse vivace, à rejets traçants . Les feuilles sont en forme de coeur et légèrement gaufrées. Les fleurs portées par de longs pédoncules sont simples, ou doubles pour celles dites de Parme. La violette symbolise la pureté, la discrétion, le souvenir amoureux.... Vulcain, dieu forgeron, se parfuma à la violette et réussit à prendre un baiser à Vénus....
En Méditerranée, cette petite fleur est utilisée depuis plus de 2000 ans pour son essence parfumée. Dans le midi on la cultive encore pour l’industrie des parfums. Les horticulteurs spécialisés dans cette culture s’appellent violettiers . Ils vendent les violettes en bottes aux fleuristes dès Octobre, puis à la distillerie de Janvier à Avril. Jadis, les feuilles fauchées en fin de saison servaient de fourrage. Les vaches donnaient après avoir brouté ce feuillage un lait délicatement parfumé....
Dans la Rome ancienne, lors de cérémonies et des fêtes, on aromatisait le vin à la violette. Une guirlande de ces fleurs, posée sur la tête, était sensée rafraîchir et aider à la sobriété... Au XIXe siècle, l’extrait de violette entre dans la préparation des poudres, savons, vinaigres, extraits et cold-cream. On en parfumait aussi le tabac à priser mais pour beaucoup d’entre nous c’est le doux parfum de la poudre de riz de nos grands-mères.
La confiserie cristallise la fleur, emprisonnant son parfum dans un linceul de sucre croquant, spécialité de l’arrière pays niçois.
AU JARDIN:
La violette appartient à tous les pays et à toutes les altitudes, dans le midi, c’est une culture hivernale, la plante ayant besoin de la sécheresse estivale pour son repos afin de reprendre sa végétation aux premières pluies d’automne. On la cultive sous le couvert des oliviers ou des orangers. Ailleurs, avant l’apparition des tunnels, on protégeait les plantations des rayonnements nocturnes et des vents froids par paillassons ou des châssis vitrés.
Il est donc évident que cette fleur historique doit trouver sa place dans le jardin le plus modeste. Native des sous-bois, elle apprécie un sol riche en humus, mais une fois installée, on a la surprise de la voir se répandre, un peu partout et surtout en plein soleil !
Procurez vous des ‘coulants’ auprès d’un ami jardinier et installez les au frais sous l’ombre tamisée des arbustes. Achetez quelques pieds de variétés originales, roses, bleues, blanches tiquetées de mauve aux noms charmants : ‘gracilis’, ’Coeur d’Alsace’, ‘De Bruneau’, ‘Blanche de Chevreuse’, ‘Perle rose’, Czar blanc’, Victoria, ‘ Princesse Béatrice’, ‘Baronne Alice de Rotchild’.......
Vous ne regretterez jamais ce modeste investissement. Certaines fleurissent dès Octobre, et jusqu’à la fin Avril leur parfum insinuant guidera votre tour du jardin .
Chez moi je n’ai jamais réussi à les faire pousser en bordure, elles s’échappent dans les endroits les plus inattendus. C’est ainsi que je les aime, fantasques , se mariant les unes aux autres, renaissant de tous les tons, du violet d’encre au rose vineux, du blanc au Parme tendre, me surprenant par leur installation inattendue sous une acanthe, au pied d’un épineux rosier, ou bien au beau milieu d’une potée de géranium !
Conseil : si vos violettes après la canicule estivale sont tristes et desséchées, pas de panique, faites leur une coupe très, très courte, aux ciseaux et couvrez les d’une pelletée de compost maison. Elles seront en pleine forme dès le mois d’octobre et arboreront un feuillage neuf et sain autour des premières fleurs.
Le poète a dit :
“Je suis en ce moment étendu sur un gazon parsemé de violettes, sous un grand chêne qui m’abrite du soleil ; je n’imagine rien qui puisse me décider à quitter cette position. Je suis sur le dos, enfoncé dans l’herbe plus d’à moitié ; mes deux bras croisés derrière ma tête la tiennent un peu élevée...”
Alphonse Karr, Lettres écrites de mon jardin - 1853
jeudi 27 janvier 2011
le jardin chaque mois
Floraisons du mois de Janvier au Jardin la Pomme d’Ambre
Helleborus foetidusClematis cirrosa balearica
En janvier, c’est le vert qui domine, peu de fleurs voyantes.
En janvier, c’est le vert qui domine, peu de fleurs voyantes.
Il faut cependant citer la grande famille des mimosas qui ensoleille et parfume notre hiver, dont le plus connu, Acacia dealbata ( appelé ‘le sauvage’ chez nous tant il envahit les collines et les fossés), qui fleurit dans toutes ses variétés horticoles confondues entre la mi-décembre et la fin janvier selon les conditions climatiques et l’exposition.
Acacia iteaphylla, Acacia hanburyana, Acacia podalyriifolia, Acacia baileyana, Acacia dealbata, Acacia retinoïdes sont en fleurs au jardin en janvier.
C’est la pleine floraison de l’Eucalyptus globulus, le gommier bleu. Les abeilles visitent les fleurs bruyamment tandis que les allées se couvrent d’un délicat tapis d’étamines brisées .
La flore indigène est plus timide :
Viburnum tinus, le laurier tin à fleurs blanches
Arbutus unedo, l’arbousier à clochettes ivoire
Erica arborea, la bruyère en arbre à clochettes blanches
Medicago arborea, la luzerne en arbre à fleurs jaune d’or
Helleborus niger, l’hellebore noir à fleurs vertes
Helleborus argutifolius, l’hellebore de Corse à fleurs vertes aussi
Bellis perennis, la paquerette
Alyssum maritimum, la corbeille d’argent si parfumée
Rosmarinus officinalis – Euphorbia myrsinite, l’euphorbe de corse
Parmi les arbustes, quelques plantes sont incontournables pour leur parfum même au cœur de l’hiver :
Sarcococca ruscifolia - Lonicera fragrans - Chinomanthus fragrans - Colletia cruciata - Buddleja officinalis - - Tagettes lemonii - Eriobotrya japonica.
Pour leur solidité et leur sobriété :
Dimorphoteca pluvialis - Osteospermum barberiae- Iberis gibraltarica
Crassula ovata – Crassula multicava – Aloès sp - Argyranthemum frrutescens -
Bergenia cordifolia, Viola odorata.
Pour leur facilité de culture :
Jasminum mesnii - Cestrum X 'Newelli’- Freylinia cestroides – Spirea sp
Teucrium fruticans – Euriops pectinatus - Euriops chrysanthemoïdes – Camellia japonica – hebe sp - Abutilons hybrides divers - Salvia confertiflora - Salvia guaranitica
Je précise que le jardin se trouve en bordure d’un petit ruisseau au pied de l’Esterel, qu’il est distant du bord de mer d’environ 6 km et qu’il est ombré par de nombreux arbres. La flore indigène est celle du maquis donc de sol acide.
Protégé en partie du Mistral, il prend de plein fouet le vent d’Est qui suit le trajet du ruisseau. Selon les conditions atmosphériques, les dates de floraison peuvent varier de 15 j (soit d’avance, soit de retard).
jeudi 1 avril 2010
Les ateliers au jardin la pomme d'ambre
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pique nique
Premier atelier de boutures au jardin avec un groupe sympathique
l'International Womens Club de Provence.
Arrivée des partipantes vers 10 heures 30.
Installation et découverte du jardin sous le soleil mais l'air est encore frais.... je propose des petites laines aux imprudentes trop légèrtement vêtues !
Prélèvement des boutures pendant la visite :
Salvia confertiflora, Salvia guaranitica, Scabiosa cretica, Convolvulus cneorum, Convolvulus mauritanicus, Jacobinia suberecta, clematis armandii, Bluperum, Buddleia officinalis etc....
La brassée de branches est mise à tremper dans l'eau en attente....
Ensuite apéritif du jardin (vin de nèfles, vin de citrons, vin de bigarades) avec du bon pain aux raisins.
Comptez tenu du temps frisquet, pique nique dans la serre où l'ambiance chaleureuse réchauffe l'atmosphère. Au menu :
Salade de carottes, mesclun, oeufs mimosa, feuilleté de porc froid, petits radis, petis artichauts à l'ail et au citron le tout arrosé de rosé de pays et pour dessert : poires cuites au vin de sorcière avec boule de glace aux raisins.
Après un café serré il faut passer au bouturage. Il faut secouer ces dames qui trainent un peu dans la serre, sous la douce chaleur comme des plantes fragiles. Au travail !
Le mélange à bouture se compose ainsi : 1/3 de terre de jardin, 1/3 de terreau bien noir et 1/3 de vermiculite. Je propose de la poudre de perlinpinpin pour rassurer les débutantes. En fait de la poudre d'hormone qui facilite l'enracinement des plantules.
Ces dames mettent le joli tablier et les gants de vinyle que je mets à leur disposition et remuent la terre avec entrain.
Les pots sont alignés, chacune s'essaie à "habiller" les boutures, c'est à dire à réduire les tiges et le feuillage. Plus la bouture est petite, plus elle a des chances de reprise avec succès !
Enfin le travail s'organise dans une ambiance bon enfant.
Je propose que tout soit étiqueté soigneusement et mis en barquettes avant la distribution finale pour que chacune assure le suivi de son travail.
J'offre bien sûr à la convoitise des participantes, toutes les branches non utilisées et chacune part avec son travail et un texte rappelant les conseils précieux pour assurer une réussite.
Je racompagne mon groupe au portail et elles promettent de me donner des nouvelles de leurs boutures. De mon côté je m'engage à répondre par e.mail aux problèmes de jardinage rencontrés.
Nous nous séparons amies, les jardinières s'embrassent. Ce fut une belle et bonne journée.
Prochain cours en Avril. Renseignements Nous nous séparons amies, les jardinières s'embrassent. Ce fut une belle et bonne journée. Prochain cours en Avril.
Kerria japonica
jeudi 14 janvier 2010
l'hiver au Jardin
Voici venu le vent, la pluie, le froid et la neige !
Pour une jardinière du Sud, habituellement privilégiée, ces conditions sont difficiles à supporter !
Après un mois de Novembre doux et lumineux favorisant la floraison des roses thé et celle des sauges exotiques, Décembre se faisait prometteur avec l'éclosion des premières grappes de mimosa....
Janvier commence sous la pluie continue, le jardin languit, la jardinière aussi.
Prémices du renouveau, les mimosas qu'on dit 'sauvages' (Acacia dealbata) ouvrent leurs grains. Au jardin Acacia moutteana, Acacia hamburyana, Acacia baileyana, Acacia iteaphylla sont en fleur mais tristes sous le poids de la pluie !
J'attends le coup de Mistral qui va dégager le ciel, sécher le sol et le rayon de soleil qui fera fleurir l'amandier fin janvier comme chaque année.
Comme disait de sa voix douce la maman de Banbi : "Après l'hiver vient toujours le printemps" !
Prochaine ouverture du jardin : mercredi 17 février pour comparer les floraisons des mimosas.
renseignements : Visites Nature
Office du Tourisme de Fréjus
http://www.frejus.fr
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