lundi 20 février 2012

Ma Provence

Ma Provence est littorale, un peu Côte d'Azur.
Mes parents avaient découvert la Provence au cours de leur voyage de noces en février 1939. Mon père était revenu avec des rêves de mimosas et d'orangers plein la tête. Il voulait vivre sous un ciel toujours bleu et un jour, c'est sûr, il s'installera en Provence...
Nous quittâmes notre banlieue parisienne au début du mois de juin 1948 pour prendre le train de nuit, le Paris-Méditerranée, qui nous amena 12 heures plus tard à destination.
De cette rencontre avec le midi, il me reste en mémoire la lumière, la chaleur et une excitation sans pareille. Il fallu faire plus d'un kilomètre à pied, sur une route toujours montante pour arriver à la maison. Le portail annonçait sur une plaque d'émail : "Villa Aimée 1902"
On devinait la maison au milieu d'une végétation exubérante : Une grosse villa de deux étages ornée d'un grand balcon de bois et d'une pergola.
Moi j'étais dehors sous les grands arbres, le nez en l'air, respirant à pleins poumons un air chargé d'odeurs inconnues. La lumière découpait crûment des feuillages exotiques sur un ciel bleu pur.
La vraie vie allait commencer et mon enfance serait méridionale.






Découverte.... Enfance curieuse
J'entre chez l'épicier. Devant la porte, le pot de géranium rosat, au parfum de rose et de menthe doit éloigner les mouches. Dehors, la lumière de juin est intense, l'air est très chaud et les cigales commencent leur hymne à l'été.
J'écarte le rideau de perles de buis qui tintinnabule à mon passage. Dedans il fait sombre et "ça sent" :
L'odeur forte vient de la moulinette à râper le parmesan fixée au comptoir, s'ajoute le relent juste un peu fétide du baril où les anchois en rangs serrés mollissent dans la saumure...
L'épicier plonge une louche en bois percée de trous dans le petit tonneau où les olives vertes flottent dans l'eau salée parfumée de fenouil et de criste marine.
Il la remonte doucement laissant gicler l'eau des trous de la louche : "Sers toi ! "
Dans la bouche, un petit goût délicieusement astringent,; l'olive cède sous la dent, juste un peu croquante.... J'avais 7 ans, je découvrais la provence avec curiosité.
Le goût de mon enfance ne sera pas sucré, mais composé des saveurs fortes et nouvelles : olives, pissaladière couverte d'oignons confits, poivrons écarlates, fougasse aux anchois et autres gourmandises.

3 commentaires:

FRAMBOISINE a dit…

Bonjour Nicole,

Merveilleuses évocations qui me plongent avec délice dans vos souvenirs d'enfance ...
Je viens de terminer ma lecture du dernier magazine "L'art des jardins" et je suis tombée sous le charme du vôtre !
Merci de conforter mes envies d'un jardin informel mais rempli de coeur.
Je vous souhaite encore mille bonheurs dans votre magnifique paradis.
A bientôt...

Régine R a dit…

Ne me demandez pas comment je suis arrivée sur cet article, mais il est magique ♥♥♥
Un de ces jours, une de ces années .... il faudra que je retourne dans le Sud.
Belle journée Nicole,
Régine

Simplement ... a dit…

Bonjour,
Me voilà chez vous grâce à Monika (contry.living.in the.city)
Je suis née à Valescure Saint-Raphaël, alors je comprends tout si bien !
Visiter votre jardin extraordinaire est une joie que je me réserve.
A Bientôt
Marie-Ange